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La vérité derrière le phénomène « Hand Spinner »

Nouvelle star des cours de récré, ce jouet s’émancipe de plus en plus en Europe et séduit autant les enfants que les adultes par son concept pourtant d’une simplicité innée. Tout droit venu d’Amérique, ce gadget consiste à occuper l’attention de son utilisateur en tournant à l’infini entre les doigts. A la manière d’une toupie, on peut le faire tourner n’importe où et n’importe quand ce qui permet de focaliser les facultés d’attention et de concentration.

Pourtant, derrière ce nouvel objet de mode se cache l’histoire de Catherine Hettinger, son inventrice originale qui imagina le principe du « Classic Fidget Spinner » en 1997 et pour lequel elle avait déposé un brevet jusqu’en 2005. Développé initialement pour sa petite fille qui, atteinte d’autisme, ne parvenait pas à focaliser son attention sur des jouets « plus classiques », c’est alors que lui vint à l’idée le fameux objet que nous connaissons sous le nom de « Hand Spinner » aujourd’hui.

Prototypé en collaboration avec un ingénieur et un designer, on perçoit à travers ce premier prototype l’idée de créer un mouvement rotatif et énergique. Une idée originale qui pourtant n’a jamais réussi à séduire les marchés américains et européens qui n’y voyaient pas d’intérêt particulier. Catherine Hettinger abandonne donc le brevet en 2005, faute de moyens financiers…

Le succès survient seulement en 2016 lorsque des parents d’enfants autistes et hyperactifs y voient un moyen très efficace de canaliser l’énergie et de stimuler la concentration de leurs enfants en mêlant l’attention au jeu. Promouvant cette visée pédagogique, il commence à être commercialisé d’abord vers un marché spécifique concentré sur les autistes, puis intrigant les camarades d’école, il apparaît rapidement dans les cours de récré. La demande explose en Europe atteignant près de 158 % ! Cette toupie séduit du plus petit au plus grand et apparaît même pour certains comme un objet anti-stress dont on ne peut plus se passer. En France la tendance prend de l’ampleur et certaines écoles y voient une menace, perturbant la concentration de l’élève en classe. Pourtant, ce jeu initialement développé pour stimuler l’attention des enfants autistes pourrait bien dégrader leur capacité de socialisation. Etant les seuls autorisés à pouvoir le conserver, ils pourraient se mettre les autres enfants à dos, même si le « Hand Spinner » est devenu un objet quasiment indispensable pour gérer leur stress, les stimuler.

Catherine Hettinger

Avec cette ascension fulgurante, on oublie Catherine Hettinger, qui est considérée comme l’inventrice originale, dont le travail de recherche ne rapporte rien. Son brevet terminé en 2005 a permis la reprise du concept dans plusieurs start-ups américaines dont les profits se font à ses dépens. Elle qui n’a jamais réussi à faire connaître et apprécier son produit le voit se dupliquer sur le marché mondial à la vitesse de la lumière, notamment avec des versions chinoises très bon marché.
C’est pourquoi elle a décidé de lancer sa propre campagne de financement sur Kickstarter pour laquelle elle a déjà réuni près de 930 contributeurs et 14 554 $. Un projet crowdfunding visant à faire connaître le « Classic Fidget Spinner » et surtout à rétablir la vérité sur ce phénomène dont de plus en plus d’entreprises en récupèrent les bénéfices.