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Le défi de l’éducation entrepreneuriale en France

Aujourd’hui, moins de 50% des adultes européens pensent qu’ils n’ont pas les connaissances ni le talent nécessaires pour lancer leur propre entreprise. On constate donc à la fois un problème de confiance en soi ainsi qu’un manque de sensibilisation à l’entreprenariat durant les études. Et ces chiffres se confirment auprès des jeunes français lorsqu’on sait que seulement 3% des créations d’entreprises en France sont à l’initiative d’étudiants, alors qu’elles sont de 11% aux Etats-Unis. Face à cette réalité, le modèle d’éducation change petit à petit afin de favoriser l’esprit entrepreneurial chez les nouvelles générations.

INSUFFLER L’ESPRIT ENTREPRENEURIAL DES LE PLUS JEUNE AGE

Au Québec, cette sensibilisation à l’entrepreneuriat commence parfois dès le primaire. Loin des cours de marketing, de prospection et autres, c’est avant tout un esprit et une façon de réfléchir que les professeurs veulent faire grandir dans l’esprit des enfants. Le reste suivra. A l’école primaire Plein Soleil de Hérouxville au Québec, les élèves sont déjà sensibilisés à l’entreprenariat, puisqu’ils doivent tous ensemble mener à bien un projet. Après un projet sur la fabrication de savon l’année dernière, le thème porte cette année sur le compost. Leur entreprise fictive, qu’ils ont nommé ECOLO-SOLEIL, a entre autres pour mission de créer des affiches pour promouvoir leur action dans l’école, de choisir et former des orateurs qui iront pitcher leur projet dans les classes, etc.

school

Un véritable projet donc, qui a pour but de développer des compétences transversales et utiles dans de nombreux domaines : la créativité, la prise d’initiatives, la coopération ainsi que la gestion des ressources financières et matérielles. Corinne Germaine, professeur à Québec, passionnée par l’entreprenariat étudiant, pense d’ailleurs que le plus important pour les élèves est qu’ils développent des qualités plus que des connaissances concrètes : « Créativité, débrouillardise, coopération, autonomie, sens des responsabilités : les élèves développent des qualités utiles pour la vie! ».

Les choses semblent changer aussi petit à petit en Europe, même si environ 3 professeurs européens sur 4 disent ne pas se sentir encouragés à importer de l’innovation dans leurs cours.

Education

DONNER LE DROIT A L’ERREUR

En décembre 2012, l’étude PIRLS a révélé que les CM1 français sont ceux dont la proportion de non-réponse lors d’un devoir est la plus importante. Un problème récurrent et pourtant pas encore résolu, puisque les élèves sont sanctionnés plus sévèrement qu’à l’étranger en cas d’erreur ou de hors-sujet. Cela créé un climat anxiogène, qui explique qu’en 2003, plus de 50% des élèves français se disaient «très tendus» à l’approche d’un devoir de mathématiques, contre 7% seulement en Finlande et aux Pays-Bas.

Or selon Eric Ries, auteur du best-seller « The Lean Startup », une startup c’est « une institution humaine conçue pour créer un nouveau produit ou service dans des conditions d’incertitude extrême ». Le business model de la start-up n’est donc pas encore défini, il n’y a pas de sciences exactes. Il faut se lancer, oser de nouvelles choses, tester et donc ne pas se laisser freiner par la peur de l’échec.

Donner le droit à l’erreur aux élèves dès leur plus jeune âge pourrait donc les aider plus tard à adopter un comportement plus entrepreneurial, oser la nouveauté et prendre des risques. Un nouveau modèle d’éducation semble d’ailleurs doucement se mettre en place, avec des cours en learning by doing, des débats, des mises en situation, et enfin une vision tournée vers l’apprentissage par l’erreur.

DES STRUCTURES D’ACCOMPAGNEMENT AUX START-UP

Fort heureusement, de nombreuses écoles de l’enseignement supérieur proposent aujourd’hui des spécialisations en entreprenariat, et soutiennent même beaucoup de projets grâce aux incubateurs ! Ceux-ci ont pour mission d’accompagner des projets et entreprises en cours de création grâce à des conseils et des ressources telles que des locaux, des services (internet, accès à une imprimante, ..), etc. C’est aussi le projet qu’a Station F, basé à Paris, qui devient désormais le plus gros campus de start-up au monde en accueillant environ 1000 start-up. D’ailleurs, pour Xavier Niel, « le prochain Google ou Facebook sera fait en France ». Espérons qu’il ait raison et que la France continue sur sa lancée !

Créateur d’emplois, de richesse et de dynamisme, l’entrepreneuriat apporte l’innovation nécessaire pour résoudre petits et gros problèmes actuels, qui voient le jour dans un monde évoluant à une vitesse exponentielle. Ces start-up sont donc porteuses d’enjeux économiques, environnementaux et sociaux immenses.